Eh bien non, incruster un copyright directement dans vos images n’est pas une bonne idée, pour de multiples raisons !
Pour les illustrateurs, c’est pareil, mais cette pratique est beaucoup moins courante chez ces derniers…
- Les nombreux problèmes techniques
- Les problèmes de typographie et d’esthétique
- Protéger son œuvre
- Comment indiquer son copyright ?
De nombreux problèmes techniques
- Lisibilité – Un texte gravé dans une image sera réduit avec elle et si elle doit être imprimée en petite taille, il deviendra rapidement illisible.
- Dégradation bitmap – Ce texte « gravé » est en bitmap, ce qui constitue déjà en soi une dégradation de la typographie qui doit toujours idéalement être traitée en vectoriel. Si en outre au cours du traitement prépresse l’image subit une interpolation, le dessin des lettres en sera d’autant plus altéré.
- Problème de cadrage – Si la photo doit être imprimée « pleine page » ou collée en bordure de page, elle doit déborder du format de page dans la maquette afin de tenir compte du « fond perdu » (marge technique de découpe pour éviter tout risque de liseré blanc disgracieux). Or, ce copyright gravé sur l’image est souvent placé près d’une bordure, en bas à gauche ou à droite, sans tenir compte de l’éventuel fond perdu qui va nécessairement le rapprocher de la bordure de la page. Un texte trop proche d’un bord de page est non seulement disgracieux mais il risque aussi fortement d’être tronqué au moment de la coupe.
Et si ce copyright se retrouve prés de la reliure, il risque alors de disparaître dans le creux qui se forme à cet endroit dans les ouvrages, selon le nombre de pages ou l’épaisseur du papier…
- Maculage – Le maculage est un phénomène d’imprimerie. Dans certaines conditions, en cas d’encrage important (image sombre, chargée en couleurs) et à plus forte raison sur un papier non couché, l’encre va plus ou moins s’étaler à la surface ; suffisamment parfois pour déborder de façon importante sur un filet clair, le couvrir partiellement ou en totalité.
Voilà que justement vous aviez choisi une police light très élégante, superbe à l’écran en blanc sur le fond noir de votre photo. Après impression, le texte est en partie couvert par l’encre, noyé, presque illisible…
Une gestion prépresse bien menée limitera ou évitera ce souci.
- Traitement graphique – Le graphiste en charge de votre image pourra décider de la retoucher pour faire disparaître votre signature afin d’éviter ces problèmes techniques – c’est donc une surcharge de travail. Mais vous pourriez contester la retouche et il pourra donc aussi décider de ne rien faire (et tant pis pour le résultat final).
Des problèmes de typographie, d’esthétique, de présentation…
La police que vous avez choisie a peu de chances de correspondre exactement à la charte graphique de son support de publication. C’est rendre un mauvais service à votre œuvre autant qu’à l’ouvrage imprimé que d’imposer un style sans harmonie avec son environnement, en dissonance avec les autres polices.
Non seulement la police mais aussi sa taille, sa couleur, sa graisse, son approche… toute la stylisation doit être maîtrisée en fonction de la maquette globale – les copyrights de toutes les œuvres de la même publication doivent suivre la même présentation. La perception de qualité et le confort du lecteur en dépendent.
La formulation elle-même de cette mention se doit être uniformisée pour l’ensemble de la publication :
- Photo © [Nom_du_photographe]-[date]
- Photographie © [Nom_du_photographe]
- [Nom_du_photographe] © [date]
- © [Nom_du_photographe] – [date]
- Crédit photo : [Nom_du_photographe]
- etc.
Une seule présentation pour toute la publication ! Il est assez gênant de rencontrer des formes différentes sur les éléments de lecture de même nature en parcourant une publication. Elles laissent une impression de négligence, de finition bâclée…
Seul le maquettiste en charge de traiter ces textes peut assurer la cohérence de la présentation.
En résumé, le travail de typographie et de mise en page doit être laissé au professionnel concerné : graphiste, maquettiste, typographe !
Protéger son œuvre
Si votre souci est d’empêcher que votre travail soit abusivement exploité, sachez que la loi sur la propriété intellectuelle vous protège automatiquement. Personne n’a le droit d’utiliser une création sans autorisation explicite de son auteur.
Une ligne de copyright gravée dans une image n’empêchera pas de toute façon une personne peu scrupuleuse d’utiliser votre image, effaçant éventuellement votre signature par la même occasion…
Dans ce cas, autant graver un filigrane sur une partie importante de la photo ou barrer celle-ci de larges lignes obliques, par exemple.
Comment indiquer son copyright ?
Métadonnées
Utilisez les métadonnées pour intégrer le nom de l’auteur, le type de copyright, les titres (du document et de l’œuvre), une description, des mots-clés…
Sur Photoshop, l’accès aux métadonnées se fait par Fichier > Informations (Alt+Maj+Comm+I).
Fichier joint
Lorsque vous transmettez votre œuvre, vous pouvez aussi joindre une simple note avec toutes les indications utiles :
- Titre de l’œuvre
- Nom de l’auteur
- Année de création
- Éventuel propriétaire des droits
- Légende
- Indications techniques
Faites confiance au maquettiste pour soigner votre travail comme il le mérite et n’hésitez pas à engager le dialogue.